phrases-words

➢ Les artistes sont d'imminents spécialistes de la démarche. Entendez par là qu'on leur demande souvent quelle est la leur...

La transgression poétique est à la racine de mon travail. Je ne peux concevoir mon rapport au monde sans l'aide de ce court-circuitage de l'ordre établi et de l'agencement conventionnel du réel. L'esprit cartésien m'apparaît comme une ornière géante, qui nous modèle dès notre plus jeune âge, et constitue un carcan.
Ma pratique artistique est diversifiée : elle comprend aussi bien le dessin que les installations, la vidéo, la création sonore, ou encore ce que j’appellerais les « objets détournés ». Mais quel que soit le médium utilisé, mon travail repose souvent sur le lien qui unit le mort au vivant, non pas dans une relation de morbidité, mais bien plutôt de claire évidence que l'on tend à vouloir balayer sous le tapis.
Dans "My berçeuse Lullaby", vidéo dont le propos est de questionner notre rapport à la mort, je m'amuse du fait qu'un animal mort dans notre assiette ne nous dérange pas, alors que mis en scène il nous perturbe terriblement.
Je m’intéresse à la simplicité et à l’économie de moyens avec lesquels on peut provoquer un hiatus, un heurt, une perturbation du sens, en opérant des déplacements de registre. J’effectue des rapprochements de matières inhabituels afin de créer des métaphores visuelles, et une
tension qui puisse poser problème au « regardeur » : un drap trempant dans du lait, de la paille
de fer dans un morceau de bois, du sucre en poudre semé sur du papier peint posé au sol, du papier blanc épais greffé sur des objets en verre, une couverture en laine agrafée à un plafond.
Questionner la notion de norme avec insistance est une des bases de mon travail. De même que révéler au jour ce qui est caché, enfoui, refoulé : une de mes matières premières est le secret, avec toutes ses ramifications et ses racines.
Ma prédilection, jusqu’à présent, s’est portée sur les objets humbles : savon, lait, couverture, vaisselle, bobines de fil, bassines en plastique… toute chose qui nous renvoie au quotidien et à l’intime. J’investis l’univers domestique : chaises, bouteilles, draps, se chargent d’affects et de récits ébauchés qui trouvent leur résonance dans mon utilisation fréquente du langage : fragmenté, impropre, parasité, sous sa forme écrite, parlée, ou vocalisée de façon incompréhensible.
Ces objets renvoient au passage du temps, et se chargent d’alluvions intimes ; presque toujours associés à des aliments (œufs, sel, sucre, thé,…) qui renforcent leur présence organique, ils cessent d’être inertes pour développer des excroissances qui les fragilisent.
Je désire montrer le monde non pas tel qu’il est – ou tel que l’on souhaite qu’il apparaisse par la normalisation et la rationalisation – mais tel qu’il est vécu : instable, plein de brèches, de failles, et d’incohérences.


Nowadays, which artist would dare to face the world without an artist statement ? ( Statements are very important, even if oftenly unclear... )

As an artist the field of my creativity encompasses drawings, installations, videos, soundtracks, and what I would call “high-jacked objects”. But whatever medium I use, my work often relies upon the link entwining death with life.
I concentrate on the simplicity and on the minimum means with which one can causes a hiatus, a clash or a disruption in the meaning, mainly by operating some changes within areas which are not necessarily linked one to each other.
I use unusual bridges and links between different textures in order to create visual metaphors, and to put the viewer under a strain which might be problematic for him or her : a sheet soaking in milk, steel wool into a piece of wood, sugar scattered over wallpaper laid on the floor, thick white paper glued on to glass objects, a wooly blanket stapled onto a ceiling.
Questioning the notion of normality over and over is a very important part of my work. As much as bringing to light what is hidden, buried, repressed : as a matter of fact, secrets with all their ramifications are a recurrent source of investigation for me.
So far I have chosen to use humble material : soap, milk, blankets, crockery, thread, plastic bowl, because they reflect daily life and intimacy. I invade the domestic space : chairs, bottles, sheets, become invested by emotions and by half told stories which echo my frequent use of language, be it broken, improper, or disruptive ; written, spoken, or uttered in an incomprehensible way.
These objects refer to the passing of time and to layers of intimacy ; almost always associated with food (eggs, salt, sugar, tea, etc.) which emphasizes their organic nature, they stop being lifeless and start growing alien elements which make them fragile.
What I wish to achieve in my work is to show the world not as it is – or as we would like it to appear through a normative and rationalist process – but as we experience it : unstable, full of breaches, holes, and incoherences.

















➢ Quand vous vous sentez déprimée/é, qu’est-ce qui peut vous faire aller mieux ? Quelles sont les petites choses qui vous redonnent le moral ?
Vos réponses seront traitées de façon anonyme et serviront à aider les personnes qui souffrent de dépression. Merci pour votre participation.
Whenever you feel down, what makes you feel better ? What kind of small things or actions can relieve your pain ?
All your answers will be treated in strict confidentiality and used to help people who suffer from depression. Thanks for your help.



➢ Quelle est la chose la plus folle, la plus ridicule, ou la plus drôle, que vous ayez faite pour tenter de séduire quelqu’un dont vous étiez amoureuse/x, mais qui ne semblait pas nourrir les mêmes sentiments à votre égard ?
What is the craziest / most ridiculous / funniest thing you’ve ever done to seduce someone you were in love with, but who, surprisingly, didn’t seem to share your feelings ?

Votre réponse / Your answer


haut de page / top
Accueil / Home